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Feu bactérien

  Les poires Passe Crassane et le feu bactérien

La Passe Crassane est une poire ancienne, elle a été créée en 1845 à Rouen par un horticulteur Mr Boibunel.

C'est une poire d'hiver qui se récolte en décembre, mûrit lentement et se consomme de janvier à mars. Sa peau jaunit à maturité. Traditionnellement, on trempe le pédoncule dans la cire pour éviter le dessèchement du fruit.

Elle est grosse et très juteuse avec une chair blanche sucrée parfois faiblement granuleuse.

Cette poire tend à disparaître parce que son arbre est extrêmement sensible au feu bactérien. Du coup, sa plantation en France est interdite. Comme cette maladie est due à une bactérie, il n’y a pas de traitement possible de l’arbre qui peut mourir en une saison. Cette maladie n’atteint pas les fruits, elle dessèche les fleurs, les jeunes pousses, puis les branches. Les fruits d’un arbre atteint n’arrivent jamais à maturité. 

Le feu bactérien est extrêmement contagieux d’un arbre à l’autre. Le producteur est obligé d’arracher une bonne partie de son verger autour d’un arbre malade. Il fait ça de bonne grâce car il a une peur bleue que tout son verger soit contaminé. Il y a eu une épidémie de feu bactérien en France en 2007. Heureusement les années à feu bactérien sont assez rares car il faut un concours de plusieurs événements climatiques pour que la bactérie se propage et se développe. (Plantes contaminées à proximité, humidité de l’air au moment de la floraison, température élevée, verger mal entretenu, porte greffe et variété de poirier sensibles. Il y a dix jours de risques réels au printemps.)

Le producteur de poirier met en œuvre un tas de techniques pour éviter cette maladie : par le choix du porte-greffe, l’exposition du verger, la taille de l’arbre, la désinfection des outils entre deux arbres, la surveillance de la météo et les alertes agronomiques qui grâce à des modèles mathématiques indiquent des niveaux de risques. Le producteur peut alors protéger « un peu » son verger avec du cuivre ou en pulvérisant une bactérie inoffensive qui s’installe sur l’arbre et qui, en quelque sorte, prend la place du feu bactérien, ou avec des pulvérisations d’argile plus de l’essence de Presle (une plante sauvage). Tous ces traitements sont autorisés et utilisés en Bio et non bio.

Seul un antibiotique est réellement efficace mais il est interdit en Europe pour des raisons de santé publique (les antibiotiques étant réservés pour soigner les humains). Cet antibiotique (streptomycine) est autorisé sur les vergers aux états unis, et d’autres pays de l’hémisphère Sud : encore une bonne raison de ne pas consommer les fruits qui viennent de l’étranger !

Il y a quand même des régions en France où on cultivait des poires et où les producteurs ont arrêté à cause (entre autre) du feu bactérien. Ils se mettent petit à petit à la pomme.

En fait, le plus simple et efficace pour un producteur est d’arrêter les variétés sensibles comme la Passe Crassane et de planter des nouvelles variétés naturellement résistantes à cette maladie. L’INRA travaille beaucoup à la création de variétés résistantes. Il y a donc la poire Angélys qui vient d'être mise au point par l'INRA (1ère arrivée sur le marché en 2003) et qui a pour objectif de remplacer petit à petit la Passe Crassane.


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